Depuis plusieurs années, lorsque je me rends sur mon lieu de travail j’emprunte un chemin qui passe à proximité d’une ancienne darse. Cette dernière très fréquentée par des promeneurs et des cyclistes se situe en milieu urbain, et la pratique de pêche la plus dominante est celle du carnassier.

 

 

Une multitude de leurres et d’appâts en tout genre traversent quotidiennement ce lieu. Pour ma part, ces facteurs sont franchement rédhibitoires car, j’affectionne particulièrement les endroits généralement calmes dans lesquels la nature s’exprime librement.

 

Mais bon, abstraction faite ! Une soudaine envie de découvrir de nouvelles eaux se fait sentir, et je me décide finalement à descendre sur ce lieu avec une canne à sonder et un sceau rempli de pellets, afin d’y déceler et pré-amorcer une zone de pêche satisfaisante.

 

 

Après plusieurs lancés et de nombreux mètres parcourus, j’en conclus que nous sommes ici sur des caractéristiques classiques, semblables à celles que l’on retrouve généralement sur les rivières canalisées du nord. Autrement dit : pente douce rocailleuse ou abrupte, et un lit composé d’un substrat principalement vaseux. l’absence de navigation a laissé place à des herbiers relativement denses, en l’occurrence des Callitriches, qui colonisent le milieu.

 

en l’occurrence des Callitriches…

 

 La profondeur quant à elle reste relativement faible avec tout au mieux des profondeurs avoisinant les 1 m 80 dans la zone que je compte prospecter. N’ayant pas trouvé d’éléments exceptionnels lors de ma prospection, je focalise mon regard sur les berges.

 

<<Deux choses retiennent immédiatement toute mon attention…>>

 

Je m’explique : Étant sous une forte pluie le jour du sondage, j’observe face à moi une gouttière qui visiblement provient d’un jardin potager, surplombant le canal. Un débit d’eau relativement important sort de celle-ci avec, qui plus est, une eau relativement boueuse.

 

Une jolie aubaine !

 

 

Sur ma droite, passant sous le chemin de hallage, une seconde gouttière évacuant également des eaux similaires (boueuses). On imagine facilement la nourriture naturelle transitant par ces tuyaux mais aussi la légère fosse que peut creuser ce léger courant ponctuel.

 

Mon choix est fait !

 

 

Voilà le jour J !

 

 J’arrive à l’aube, charge mon chariot et parcours une centaine de mètres pour regagner le spot en question. N’ayant aucune information précise sur les lieux, je commence modestement ma pêche avec mes hameçons favoris : des Mugga continental taille 4 car, je veux être certain de pouvoir dompter la puissance d’éventuels poissons, caractéristiques des canaux. L’eau étant relativement limpide, dû en partie au substrat marron clair et ayant un corps de ligne en tresse je décide de favoriser une tête de ligne Slinky clair en 60mm et un bas de ligne Stiff ultra Skin Brown.

 

 

Le montage hélicoptère et les appâts équilibrés me paraissent important dans le cas présent, afin d’assurer une bonne présentation si par mégarde le montage tombe partiellement dans un herbier. Les obstacles naturels étant rares et le courant quasiment inexistant je décide de pêcher les lignes complètement détendues, afin de ne pas perturber les poissons qui pourraient potentiellement parcourir la zone.

 

“Montage posé, amorçage en place… l’attente peut commencer.”

 

Très courte d’ailleurs !

 

Après 35 minutes de pêche 1er départ ! Je suis littéralement abasourdi par la violence de la touche. Je prends contact et décroche après quelques secondes… Quelle tristesse. Sans perdre de temps je repose le montage, et à peine 15 minutes plus tard j’enregistre une seconde touche sur ma seconde canne. Et une nouvelle fois … Décroche… Je suis relativement partagé entre la tristesse, l’envie de rentrer chez moi et la satisfaction que la stratégie fonctionne.

 

Pourquoi tant de décroches ?

 

Je décide de ramener mes cannes et de passer sur une taille d’hameçon inférieur, en l’occurrence un numéro 6. Une quarantaine de minutes plus tard mes deux cannes s’emballent presque simultanément ! Mais que se passe-t-il là-dessous ?! Je suis absolument sidéré d’avoir autant de touches.

Je ne sortirais qu’un seul poisson d’à peine 1 kilo et extrêmement mal piqué. J’enregistre encore une décroche sur ma seconde canne. Voyant ce petit poisson je commence à comprendre pourquoi les décroches s’enchaînent.

<<Je décide donc sans trop d’enthousiasme de passer sur des hameçons de 8 afin de pouvoir confirmer ma théorie…>>

Cette fois c’est bon !

 

J’accumule les départs et les poissons dans l’épuisette. Mais curieusement les poissons sont relativement calibrés et vraisemblablement en grand nombre. Mais comment est-ce possible ?

Les caractéristiques du biotope ne sont pas réellement favorables à une bonne et régulière reproduction des poissons. Je décide de passer un coup de téléphone à un magasin de pêche proche de mon lieu de pêche. Je comprends rapidement que l’endroit a été fortement réempoissonné…

Quelle demie satisfaction ! Moi qui m’attendais à capturer des vieux poissons sauvages.

 

 

Ceci étant dit, il me paraît tout de même intéressant de tester différentes zones de ce lieu afin de voir à quel endroit et à quelle période les poissons s’y tiennent justement dans l’optique d’y capturer les sujets dits :

 

« de souches naturelles ».

 

 

 Je vais progressivement repartir sur mon approche du départ et utiliser des esches de taille supérieure, afin d’écarter au maximum les petits poissons du rempoissonnement.

 

L’hiver pourrait d’ailleurs être intéressant !,?

 

 

La suite au prochain épisode…

 

Cyril