Je suppose qu’en cliquant sur l’article vous vous attendiez à entendre parler de Zodiac, de bouillettes, de pêches de nuit et des conditions climatiques catastrophiques qui vont avec ces grands lacs. Eh bien non !  Tout ça n’est que du plus  ! Pour pêcher, seule compte la motivation.

Deux jeunes aventuriers motivés !

OCT 2021

 

Le Der vu autrement

 

CARPE MAGAZINE ARTICLE N°75

 

Pour être motivés ça, on l’était : c’est vrai qu’habiter à 15km de cette étendue d’eau et ne pas y pêcher la carpe est un réel gâchis quand on connait les monstres présents dans ce lieu.

 

Avec ce premier confinement de mai, l’envie de sortir et de découvrir de nouvelles choses était plus que présente. Je pense que vous le connaissez aussi bien que moi ce sentiment, celui qui vous fait frissonner à l’approche de l’inconnu, qui vous donne envie d’aller encore plus loin et vous pousse à vous donner à fond pour réussir coûte que coûte. C’est exactement ce que j’ai ressenti  pendant cette pêche : chaque instant était unique. Ces deux mois de confinement qui nous ont privés de notre passion, n’ont pas apporté que du négatif : le bon pêcheur est un pêcheur curieux qui apprend sans cesse l’art de débusquer le poisson et j’ai en effet beaucoup appris grâce à la multitude de vidéos présentes sur internet. Un temps contraint, finalement bien investi !

 

J’ai aussi pu m’équiper du matériel nécessaire pour pratiquer cette nouvelle pêche. A cause du  confinement, j’ai dû commander tout mon matériel chez une grande enseigne, chose dont  je ne suis pas fan, mais bon tant pis ! Quand on a besoin… Je glisse donc dans mon panier deux ensembles de canne moulinet bas de gamme, une bobine de nylon, de quoi me faire quelques montages simples et bien-sûr des plombs.

 

 

J’ai eu le temps de me préparer comme il fallait. Et après le matériel, il fallait penser au lieu. Avec mon pote, on a passé plusieurs dizaines d’heures sur Google Map à trouver le spot parfait. Ce qu’on recherchait en priorité, c’était un endroit tranquille et très peu pêché pour faciliter la prise de Dame carpe ! En somme, un spot éloigné de tout et peu fréquenté. On finit par trouver l’endroit idéal : une petite baie du lac, espace un peu sauvage avec comme seul accès un vieux chemin de forêt, c’est presque poétique !  Mais ça allait être dur d’y emmener tout le matos ! Enfin… c’est le prix de la tranquillité !

 

 

On charge tout le matériel : sur une brouette agricole pour moi, et pour le copain sur une remorque attaché au vélo. Niveau matériel, on décide de partir avec le strict minimum : quatre cannes, un rodpod, une épuisette, un tapis, quelques plombs et montages et 1Kg de maïs. Sans oublier notre float-tube obligatoire au vu des herbiers présents ! En gros, on part avec ce qu’on a !

 

<< Ça pêche ! >>

 

C’est parti ! On part en direction de cette fameuse baie et  après 2km de marche, on arrive enfin sur LE spot. Une fois arrivés, on dépose le matos et on décide de faire le tour de la baie pour admirer la vue et prendre la température.  Et là, surprise ! On repère une magnifique carpe commune d’une dizaine de kilos sur une bordure assez boisée. Ni une, ni deux, on monte sur le float et on part déposer notre premier montage à coté de cette belle commune. De retour, sur le spot, je dépose mes cannes une dans le chenal et une sur la berge opposée. Une fois toutes les cannes en place, on se décide à retourner voir si Dame carpe était toujours en place, mais hélas, plus de carpe ! La belle avait filé ! J’étais dégouté ! Avec le collègue, on commence à se poser plein de questions ! C’était notre faute ou non ? On a dû lui faire peur ? On commence à en parler avec mon binôme et là,  le détecteur de la canne en question m’interrompt avant que je puisse finir ma phrase…

 

S’en suit un des meilleurs sprints de ma vie ! Il faut agir vite !

 

Le collègue prend la canne, ferre mais le poisson a eu le temps de se loger dans un arbre à proximité. Pas le temps de réfléchir, il me passe la canne et plonge toute habillé près de l’arbre. Après une minute, il remonte et me dit avoir senti la carpe, il redescend et là je vois la carpe qui remonte juste au-dessus de sa tête, je saute sur l’épuisette et la voilà : notre toute première carpe ! Et dans un lieu mythique comme le Lac du Der, que du bonheur !  On coupe juste sous le clip plomb et on repart à la nage sur le spot avec la carpe sous le bras. Il dépose Dame Carpe sur le tapis et sans grande surprise c’était le poisson repéré le matin : une commune parfaite de 10.5 kilos.

 

 

La session ne pouvait aucunement mieux commencer ! De quoi sourire toute la journée !  Rien que de vous le raconter,  je peux encore ressentir la joie que nous a procurée ce poisson.

<<Et ce n’est pas fini !>>

 

Plus qu’heureux et fiers de toucher un beau poisson en moins de deux heures de pêche, on rend la liberté à ce cadeau du lac. La canne est reposée dans les dix minutes qui suivent, toujours esché de deux maïs flottant sur un tapis de maïs. Après cette action sur le poste, plus aucune activité pendant deux heures jusqu’à midi. Passé midi, le vent commence à bien souffler sur le lac et rentre maintenant dans la baie. Je ne sais pas pourquoi mais je la sens bien cette après-midi. Je ne me suis pas trompé, on enchaîne cinq départs en six heures de pêche. Malheureusement, on fait tout de même deux décroches. C’est le jeu, ça aurait été trop beau sinon !  Même avec le float-tube une fois que ces dames avaient rejoint ce foutu banc de potamot c’était fini. On constate que les poissons restent uniquement dans cette zone. On y enchaîne les touches sur une seule et unique canne, différente de celle qui est partie sur le matin. Dans l’après-midi, on touche uniquement des petits poissons mais c’était l’objectif faire rentrer du poisson sur la zone et tout faire pour déclencher une touche, peu importe le poisson.

 

 

Pas là que pour la photo

 

On ne cherchait pas seulement à faire des gros poissons mais plutôt à se faire la main sur les montages, la manipulation du poisson, comment bien déposer son montage, où, pourquoi, comment etc… On était vraiment là pour apprendre les bases.

 

Vous allez peut-être me dire que pour apprendre les bases on aurait pu aller sur un petit privé mais je pense qu’on n’aurait jamais eu les mêmes sensations que sur ce géant réputé pour être assez compliqué. Rien que d’évoquer le nom de ce lieu me donne des frissons. Je pense que n’importe quel carpiste connait ou a déjà entendu les histoires qui tournent  autour de ce lieu mythique dans le domaine du carpfishing. Je pense sincèrement que les plus gros poissons du domaine public sont chez nous, donc pouvoir y déposer ces lignes plusieurs fois par mois et pouvoir se dire qu’à tout moment, on peut avoir la chance de tomber sur une de ces communes monstrueuses, qui a de nombreuse reprises ont  fait parler d’elle dans la presse internationale. Je n’ai pas parlé du décor encore mais il est lui aussi, tout autant mythique et impressionnant  avec ces 4 800 hectares d’eau. Sans le voir de ses propres yeux, on ne peut même pas s’imaginer sa taille. Pour vous donner une idée à certains endroits du lac, il est compliqué voire impossible d’apercevoir la berge opposée. Ce n’est pas pour rien qu’on le surnomme le Géant par chez nous.

 

J’ai beau venir depuis plus de quinze ans à chaque fois que j’arrive sur ce lieu magique. C’est toujours le même sourire qui apparaît sur mon visage. Je pense sincèrement qu’il n’y avait pas meilleur lieu pour apprendre la pêche en batterie, surtout au vu des résultats qu’on a fait sur les sessions suivantes. Je pense que cette session restera toujours un de mes meilleurs souvenirs de pêche. J’ai, depuis, fait de magnifiques poissons sur le lac mais aucun n’a d’égal avec ceux croisés en cette journée plus que mémorable.

 

Théo JeanJean