Nous sommes le 26 septembre 2020 et ce que nous étions venu chercher est déjà palpable, flotte dans l’air au parfum d’automne … la liberté.

 

 

Nov 2020

 

Manges ton caillou

 

Carpe Magazine Article N°51

 

Nous sommes le 26 septembre 2020 et ce que nous étions venu chercher est déjà palpable, flotte dans l’air au parfum d’automne … la liberté.

 

« Les samouraïs, avant de livrer combat, nourrissaient leur méditation en contemplant des carpes koï dans leur élément… » alors nous avons contemplé, tous les trois, un magnifique lever de soleil. Ah oui, j’vous avais pas dit, tous les trois, parce que la liberté se vit toujours dans la plus pure tradition, celle de l’amitié. Freddi nous a rejoint, lui et son expérience d’la baroude.

 

Les samouraïs : Seb, Freddi, rod.

 

La cerise sur le gâteau quoi !

 

On se réveille, on revient à la réalité … nous sommes le 26 sept, on ne contemple pas grand-chose, le jour s’est levé mais il tombe en réalité des queues de singes au milieu de la brume, comme hier lors de notre arrivée. La traversée en zod s’est fait rincer histoire de faire germer la motivation . Les thermiques ont joué avec nos nerfs pour encore mieux compliquer les choses. Ça commençait très fort, la transition de l’automne était radicale !

 

 

<<Quand on cherche une carpe, c’est toujours elle qui nous voit le premier.>>

 

Nous le savions, et nous devions nous fondre dans son environnement, imaginer ses zones de repos, d’alimentation et réussir à les piéger. Les échosondeurs ont donc tourné plein pot, les profondeurs oscillaient entre 6 et 20 mètres, pas simple. Sur la zone de Freddy, un superbe plateau rocheux trônait en plein milieu du fleuve. Mais avant tout,, il fallait évidemment rester humble, écouter la nature, s’adapter à l’inconnu et nous faire accepter en toute discrétion, c’est la base.

 

 

La mise en place du campement nous a donc demandé une étude stratégique en tenant compte des variations de niveau d’eau sur ce lac de barrage, du vent et de la météo très brutale en ce début d’automne. C’est dans la galère que naissent les plus belles réflexions. Alors on a cogité grave pour enclencher cette session dans les meilleures conditions.

 

 

Deux nuits plus tard le fleuve nous a motivé avec un carpeau pris sur deux tiger Jumbo équilibrées d’une pop up NCB, un joli chat piégé en pleine nuit sombre par une triple fish du poto Royal Baits et une casse radicale sur le fameux gros haut fond de caillasse.

 

 

La pluie nous surinait d’heure en heure et pas la moindre activité nous souriait. Les falaises, de part et d’autre, nous bloquaient dans la possibilité de trouver une autre zone de campement. Alors on a tourné en boucle comme un vieux vinyle rayé …

 

 

Pour le moment, le public restait énigmatique et nous faisait mijoter à feu doux. Niveau technique, pas le choix, de grosses têtes de ligne fluoro 80 centièmes, lest caillou, combilink fluoro 60 centièmes avec tresse gainée Ashima Debark et hameçons Heavy Carp T2 de la même marque s’imposaient vu l’hostilité des lieux.

 

 

L‘eau montait de jour en jour sur ce lac de barrage et nous faisait reculer les pods qui se noyaient chaque matin. Les lâchés d’eau devenaient de nuit en nuit de plus en plus important et donc inquiétant.

 

“Alors manges ton caillou, on s’fait niquer au score, il nous faut un temps mort.”

 

 

Le but de cette session, c’était quoi au fait ? Triper entre potes pour une retrouvaille annuelle et si rare vu les distances qui nous séparent. Alors un temps mort, une remise en question et un coup de fil plus tard nous a décidés à décamper…

 

PLAN B

 

 

Plan B obligé, on s’est rabattu sur une sablière privée du coin. Passer d’une pêche sur des fonds de 13- 20m en moyenne, à 1m c’est vraiment déphasant, mais c’est aussi ça la pêche, savoir s’adapter ! Très vite les départs se sont enchainés les nuits et le plaisir de combattre nos fidèles adversaires nous a vite retapé le moral. Nous avons pu nous poser au calme et profiter de nos retrouvailles si rares. C’était l’essentiel, l’objectif à atteindre, sceller dans la roche notre complicité.

 

 

L‘an prochain, à l’évidence on remettra le couvert, et cette fois-ci exclusivement en public. Aucune solution de repli en étang privé ne sera envisageable. Nous avons pu tirer beaucoup d’enseignement de cette aventure et j’invite tout le monde à se lancer dans le wild, pour l’amour du risque, de la piraterie … lorsque l’on prend gout à tant de liberté, c’est toujours frustrant de devoir se replier sur une échappatoire qui ne correspond pas à notre objectif de départ.

 

Mais n’est-ce pas là la vraie définition de l’aventure ? Se mettre sur le fil du
rasoir et trancher toujours plus fort…

 

 

ROD TANCHO