Depuis quelque temps, j’entends parler d’une gravière dans l’Hérault ou nage une carpe (RECORD) miroir de plus de 30 kilos. Intrigué, Je décide de me rendre sur place pour visiter ce lieu tant convoité par de nombreux carpistes.

 

 

 

Il est vrai que cet endroit encore sauvage est vraiment magnifique, sa végétation est omniprésente. Des belles avancées, un petit bois, des roselières, une grande diversité d’arbres, et des vignes sauvages qui ne sont plus exploitées… 

 

 Sur place, l’accès au berges est très difficile en voiture, et on ne peut s’approcher que de très peu d’endroits. Dans l’eau baignent un grand nombre d’herbiers et de bois morts, par conséquent, il ne sera pas facile d’y placer un montage. Sur les bordures, les branches des arbres plongent sous la surface, procurant ainsi de nombreuses cachettes aux poissons. La nourriture naturelle semble abondante et est composée de moules, vers de vase, larves, insectes, écrevisses. Le fond quant à lui est constitué d’un substrat tantôt vaseux, tantôt sablonneux. C’est une gravière très ancienne qui se trouve devant mes yeux, elle est magnifique. Comblé, ma décision est prise je reviendrai pour y pêcher au mois de mai…

Le lac

Après avoir pris connaissance des conditions météorologiques, des autorisations ( pêche de nuit, bateau toléré), je pars pour une session de six jours…

 Le choix du poste est une petite avancée qui m’offre beaucoup de possibilités. Je vais pouvoir y pêcher à 4 cannes, 2 sur ma gauche en pleine eau et les deux autres sur les bordures de droite. Il y a des zones peu profondes, couvertes de sable qui doivent sûrement être visitées régulièrement par nos belles. Mon secteur n’est pas beaucoup pêché car, les postes des habitués (carpistes) se situent beaucoup plus loin. Après un échosondage et une grande réflexion, je peux désormais placer mes montages. La nuit qui suit sera calme, sans aucun bip. Le lendemain, dans l’après-midi, Christian, un carpiste passe un long moment avec moi. Ce dernier m’indique que le vent du nord s’est levé et remarque quelques sauts qui lui semblent être un bon présage pour les heures à venir.

Première rencontre avec une carpe hors-normes

Il ne s’est pas trompé car, à 6 heures du matin, un bip, puis un autre sur le spot en pleine eau… Je prends contact avec le poisson, puis saute dans mon zodiac, mais tout est bloqué. D’ailleurs, Il me faut pomper avec force pour l’extraire des herbiers, mais à plusieurs reprises elle replonge… Plusieurs minutes interminables s’écoulent… Enfin une énorme carpe miroir remonte à la surface dans un grand remous en libérant une partie des herbiers. Je réussis enfin à la glisser dans l’épuisette. Mon cœur battait à 180 pulsations / minute, tellement heureux, un cri énorme de joie vient troubler le calme matinal. Toujours dans l’épuisette, Je ramène mon trophée sur la  bordure pour la glisser dans un sac de conservation (sans la sortir de l’eau) car, un poisson de ce poids doit toujours être manipulé avec beaucoup de précaution.

 

 J’appelle Christian qui doit me rejoindre un peu plus tard. Nous effectuons ensemble la pesée et une séance photo mémorable aux vues du poids de cette jolie miroir… Verdict : 31,600 kilos ! Je viens de battre mon record personnel. Elle rejoindra ensuite ses compatriotes avec un gros bisou… J’en avais encore des frissons partout car, Je venais tout de même de réaliser un rêve en attrapant une jolie carpe miroir qui dépassait allègrement la barre mythique des 30 kilos.

PREMIÈRE RENCONTRE

 

Après plusieurs sessions passées dans diverses régions en cette nouvelle année, le mois de mai approche.  Une envie persistante de retourner pêcher cette gravière se fait sentir. C’est donc à la mi-mai que je repars pour quelques jours, avec de nouvelles bouillettes que je devais tester, et par chance le poste que j’avais pêché l’année précédente est libre…
 Je regagne mes spots sous une chaleur intense. Je suis dans le département de l’Hérault, il fait chaud, et je passe beaucoup de temps les pieds dans l’eau et à l’abri d’un soleil radiant. Les trois premiers jours se sont écoulés sans le moindre bip. Désormais, je comprends mieux pourquoi les carpistes ne fréquentent pas beaucoup ce plan d’eau. Les départs sont rares, il faut être très patient. Par contre les herbiers sont présents partout, peu de zones dégagées. Il me faut chercher et chercher encore pour trouver une solution. Après 4 jours de pêche, de recherche, la situation est claire, rien de rien ! Pas de vent, température extérieure élevée, aucune activité. Demain, je vais créer un spot entre les herbiers…

Faute de carpe, un peu de jardinage …

 

Après avoir pris mon petit déjeuner, je me lance dans un jardinage titanesque : Désherbage de kilos et de kilos d’herbiers en effectuant plusieurs allers et retours en bateau. Je les dépose loin de mon poste et de tous les regards. Mon nouveau spot sera à 50 mètres du bord en pleine eau. Ensuite, j’y amène des gros galets que je déverse sur une surface d’environ 2 mètres carrés, puis des plus petits pour terminer. Pour tout ce travail, j’ai mis 5 heures. Quelle motivation !!!!!! Je déguste un repas bien mérité en pensant à ce spot que je viens de réaliser et sur lequel je comptait pêcher que l’année prochaine. Nous sommes au cinquième jour de pêche, il est  7 heures du matin, plusieurs bips retentissent. Je saute dans mon zodiac et un combat d’une rare violence commence ? Ce fish me promène dans tous les sens, et après une bonne vingtaine de minutes, une magnifique commune rejoint mon filet.

UNE JOLIE COMMUNE

Nouvelle carpe et une surprise de taille …

 

Je suis vraiment content car, c’est le spot où j’avais pris ma grosse miroir l’année dernière. Après la pesée (21 kilos) et une séance photo effectuée seul, je la remets gentiment à l’eau. Je replace mon montage au même endroit, et vers 11 heures, un bip, puis un autre… nouveau poisson en vue. Encore un combat énorme et quand j’aperçois enfin la masse de cette carpe qui rentre dans mon triangle. Non, c’est la grosse miroir !!! J’étais tout tremblant. Après sa mise au sac, j’appelle Christian qui arrive trente minutes plus tard. <<Ce n’est pas possible !!!>> Il n’en revient vraiment pas ! La pesée indique 30,500 kilos. Elle a perdu un peu de poids, et présente une coupure sur sa nageoire caudale causée par une tresse ou un carpiste qui a voulu immortaliser son trophée. Après quelques photos nous la remettons à l’eau. Nous avons passé un long moment à bavarder et à penser à cette deuxième capture. <<ça y est, elle m’a adopté, Je suis son ami>> qui lui rend chaque fois sa liberté. Qu’est-ce que l’on peut s’imaginer au bord de l’eau… Les idées sont nombreuses. La session se terminera sans aucun départ supplémentaire.

 

 

 

J’étais là au bon moment…

 

Le retour de mon amie (carpe)

 

Une nouvelle année est bien entamée et toujours des sessions dans divers lieux (landes, Gers, Haute-Garonne, Gironde) et une petite pensée pour le mois d’octobre… une nouvelle session dans l’Hérault. Tiens donc, cette idée me trotte dans la tête ! (rire). Je téléphone donc à mes potes du coin… C’est bon la gravière est peu pêchée, Je m’empresse de charger ma Dacia-Mobil et arrive sur les lieux dans la matinée.

<< Quelle surprise ! >>

 Le paysage à l’opposé est différent ! L’exploitation de la gravière étant terminée, c’est un balai continuel de camions et d’engins de chantier qui s’offre à mes yeux. J’étais vraiment dégoutté car, les arbres, les bordures, tout est rasé. Ils nivellent un chemin tout du long, le tracé du lac avait d’ailleurs été transformé. Bref, je m’installe quand même sur ma petite avancée car avec mon envie d’y pêcher était pressante. Je retrouve le nouveau spot que j’avais créé l’année dernière. Heureusement, le chantier est à 500 mètres sur ma droite et les camions passent à l’opposé. De 7 heures du matin jusqu’à 17 heures c’est un véritable enfer ! Entre les bip-bips des camions qui reculent, la poussière, et les coups de klaxons, tout y est ! pffff !

Prospection subaquatique

 

 J’avais pensé à amener mon masque et un Tuba, afin de pouvoir observer ce qui se tramait sous la surface. En explorant la face cachée de cette gravière, Je suis étonnamment surpris d’y découvrir des galeries et des trouées sous les herbiers ! Les carpes ont leur passage, c’était vraiment très impressionnant à voir ! Je dépose mes montages sur les anciens spots et un sur le nouveau que j’avais préalablement créé. Schéma identique au précédent en restant 3 jours sans le moindre bip, mais j’avais appris à faire preuve de patience car, ici les touches sont rares. Le lendemain changement de temps avec un vent du nord qui se lève et la température qui baisse. Par chance, Là où je suis placé, le bois sur la rive opposée me protège… mais Je passerai encore une nuit calme, très très calme…

Mon fidèle ami

 

Une nouvelle fois, vers 6 heures du matin, plusieurs bips me réveillent. Je saute à nouveau dans mon zod pour engager le combat, et notamment réussir à faire sortir le poisson de tous ces herbiers.

Le sillon plonge dans l’eau à plusieurs reprises, mais la carpe finit par monter doucement et rejoindre mon triangle. À cet instant précis, quelle ne fut pas ma surprise … NON !!!!!! Revoilà ma copine, je n’y crois tout simplement pas ! Ce n’est pas possible, une troisième fois !

La pesée de cette jolie carpe

 

 Après l’avoir mise dans sac de conservation, j’appelle immédiatement mon ami Christian qui n’habite pas loin, pour le prévenir. Très disponible, il décroche, puis me pose cette question au téléphone : << Ce ne serait pas la miroir, par hasard ?>> auquel je répond : <<Et Ouiii !!!>>

Cette dernière a repris un peu de poids et la coupure à sa caudale semble s’être cicatrisée. La pesée quant à elle n’est plus la même car, l’aiguille du peson affiche désormais un poids 32,400 kilos, elle semble être en pleine forme ! Après avoir réalisé quelques photos, j’embrasse la belle, puis la remets délicatement dans son élément. J’ai encore du mal à m’en remettre, un poisson de ce poids qui me rend visite chaque année. C’est une certitude, je dois garder ce secret car, cette capture me paraît vraiment incroyable !

La belle accuse 32,400 kilos…

Retour en simple visiteur

 

Tristesse

 

 Nouvelle année, une petite visite sur ma gravière fétiche s’impose, et là, quelle fut ma surprise en y arrivant ! Les accès sont malheureusement barrés par des barrières à deux endroits, en plus, désormais c’est impossible de pouvoir accéder à mon avancée. Car, ils ont creusé un gros grand trou devant, et également déverser un gros tas de galets pour empêcher tout accès. Dorénavant, la présence de nouvelles bouées délimite des zones de réserves, et bien entendu : sur les meilleurs postes. Je fais demi-tour et le plus remarquable dans tout cela, c’est qu’après m’être informé, j’apprends que la pêche de nuit n’y est plus autorisée ? Pourtant tout se passe si bien entre pêcheurs au coup, carnassiers et carpistes. Le pire va suivre !

 

 Deux mois s’écoulent, un ami m’apprend tristement qu’il a découvert une grosse miroir morte dans les herbiers, enfin Le verdict tombe ! c’est malheureusement bien Ma grosse carpe miroir ! j’en étais malade !!! D’après lui elle se trouvait près d’un arbre d’où pendait un morceau de cordonnet pas assez solide pour ce poisson. Sans doute une mauvaise manipulation ou peut-être un acte de malveillance ? Personne n’en saura jamais rien…

 

La fin d’une histoire entre une carpe…

 

Conclusion :

  Une fin tragique pour cette jolie carpe, qui m’aura fait vivre 3 années de rêve. C’est le poisson de ma vie, et Je ne l’oublierai jamais. C’est avec une certaine émotion que mon histoire se termine… enfin, suite à ces fâcheux événements, je ne suis jamais retourné pêcher ce plan d’eau car, lorsque la véritable passion est là, on ne peut pas faire l’impasse sur ses émotions. Une rencontre inoubliable en quelque sorte, ou pourrait-on dire : une véritable histoire…et son pêcheur…

 

ALAIN ROUCH  dit LE CLOWN